Les réjouissances en Crète, s'échelonnent à longueur d'année. Fêtes religieuses, jours fériés légaux,
fêtes villageoises, etc. Voici un aperçu en
commençant par les
jours fixes, religieuses ou non.
Le 31 décembre : veille du Nouvel an ''Protokronia''. Les jeux de
hasard sont à l'honneur. Apres minuit sonnant, Les hommes sortent les cartes,
l'argent est sur la table. Celui qui gagne en aura toute l'année ! Les fenêtres
s'ouvrent pour accueillir l'air régénérateur de l'an nouveau.
Le 1 janvier : Nouvel An.
Le 6 janvier : L'Epiphanie ''Agia Teofaneia'' Les Eaux sont bénites, la croix qui sera
jetée à la mer également. Les jeunes plongent et tentent de la saisir. Celui qui la ramène en vainqueur sera protégé durant l'année.
Le 25 mars : C'est la fête nationale et religieuse ''Evagelismos Théotokou''qui commémore le souvenir du soulèvement
populaire de 1821 contre l'occupant turc.
Le 1 mai : La fête du Travail ''Ergatiki yiorti'' et des Fleurs. Des couronnes de fleurs sont tressées, elles sont
accrochées et garnissent les portes d'entrée des maisons.
Les 5-6 mai : La récolte des oranges est fêtée à Skines.(14km de Chania ).
Le 15 août : La Dormition ''Kimissis'' de la Vierge. Sur les
icônes la Vierge est souvent, pour ne pas dire toujours représentée somnolente au moment où elle quitte la Terre.
Le 7 octobre : Service religieux au monastère de Gouvernetso. Une
procession descend jusqu'à la grotte où aurait vécu et y serait
décédé saint Jean l'Ermite (O katolikon)
Le 28 octobre : Le jour du Non ''Ochi'' Prononcé par le général Metaxas aux troupes de Mussolini stationnées en Albanie, qui avaient demandé le libre passage.
Le 7 novembre : Services religieux en souvenir des morts et de leur sacrifice au monastère d'Arkadi en 1866.
Le 17 novembre "Polytekneiou". Date anniversaire de la révolte estudiantine de l'école
Polytechnique
contre la junte militaire en 1973. Commémoration annuelle qui malheureusement dégénère ces dernières années
en affrontements et combats de rue avec les forces de l'ordre.
Le 25 décembre ''Kristougenia''. Noël, fête de famille autour du sapin.
Dans toute la Grèce, contrairement à chez nous, l'anniversaire d'une personne revêt beaucoup moins d'importance
que le jour de sa fête. Tout le monde connaît le prénom de ses voisins, de ses amis et connaissances. Par contre, à part les proches,
peu de personnes connaissent leur date de naissance.
Yiani, Yiorgos, Eleni ne seront pas oubliés.
Le jour de sa fête, Yiani recevra visites et cadeaux.
Ses proches, ses amis ne manqueront pas de lui souhaiter "Kronia polla" ( Beaucoup d'années).Ce qui se traduit
par "Longue vie !".
Yiani en retour, se fera un plaisir et même un honneur de bien accueillir tout ce petit monde.
Gâteaux, mezés, boissons, seront distribués. La table sera dressée, mets et vin seront servis. L'épouse de Yiani
aura travaillé dans la cuisine des heures durant pour que ce moment de grande
fraternité soit conviviale.
Le 1 janvier : Vasili
Le 17 janvier : Andonis
Le 23 avril ou le lendemain de la Paque si le 23 avril tombe durant le Carême
Le 21 mai : Constantinos et Eleni. Constantinos est également le saint patron de la ville de Salonique.
Le 24 juin : Ioannis et Ioanna
Le 26 juillet : Aghia Paraskevi. Ce saint est fêté à Kalives. Village situé au bord de mer
à 7 kilometres de mon domicile.
Le 15 août : La Panaghia (Maria. C'est la fête des très nombreuses Maria mais uniquement de celles qui sont mariées.
On fête également : Panagiota,Despina,Panagiotis,Marios
Le 14 septembre : Stavros
Le 26 septembre : Ioannis. Saint Jean, le saint protecteur de mon village, Stylos.
Le 26 octobre : Dimitris, Dimitria
Le 8 novembre :Mikalis, Gavriel
Le 25 novembre : Katerina
Le 6 décembre : Nikos
Le 12 décembre : Spiros
Le Lundi propre.''Kathari Deftéra'' Qui marque le début de la carême et du jeûne avant la fête de Pâque. Les cerfs-volants s'approchent des nuages.
Après 40 jours de jeûne, appelés ''nistia'',la fête la plus importante du calendrier religieux orthodoxe est
toute proche. Elle sacre la victoire de la vie sur la mort, la Résurrection.
Le samedi à minuit se termine la grande messe de Pâque. Les gens se congratulent, s'embrassent en se
disant:"kristos anesti"
(Le Christ est ressuscité). A l'extérieur, sur le bûcher en flammes, une poupée se
consume, elle symbolise Judas et la mort du traître.
La lumière Sainte se transmet de bougie à bougie et chacun tente de vaincre la
brise pour ramener la flamme chez lui. De retour au domicile,
on s'attable devant la Magaritsa. Une soupe préparée avec les
abats de mouton et de feuilles de laitue.
Le lendemain dimanche, l'agneau tourne lentement sur les broches.
Familles et amis se réunissent, les tavernes des villages se remplissent. Les œufs durs colorés en rouge garnissent
les tables. Les œufs s'affrontent, se cognent, celui qui sort indemne de la confrontation verra
les vœux
de son propriétaire s'exaucer.
Le lundi saint est consacré au nettoyage.
Le mardi saint, le prêtre bénit les fidèles.
Le mercredi saint, le prêtre lit des extraits des douze évangiles et stimule le parcours du Christ portant
sa croix. A la maison les femmes confectionnent gâteaux et biscuits secs.
Le jeudi saint, c'est le jour de la Cène. Le dernier repas de Jésus avec ses
apôtres, les œufs à la maison sont colorés en rouge.
Le vendredi saint est jour de deuil. L'Epitaphe,
suivi par les fideles, est splendidement garni de couronnes et de bouquets de
fleurs. Il parcourt les rues et ruelles du village, suivi par les fideles qui prient et
jettent des pétales de fleurs à chaque carrefour.
L'Ascension
La Pentecôte ''Agios Pnéfmatos''
En Crète tout est prétexte à la fête, la distillation du raisin pour faire le tsikoudia, plus connu sous le nom de raki.
La cueillette des cerises, des noix. La châtaigne fêtée à Elos et à Prasé :
en octobre et en principe, le troisième dimanche du mois.
Dans les bergeries, la tonte des moutons ( Kouros) se termine par le repas et le vin offerts aux bénévoles venus aider. Chaque village fête son Saint Protecteur (Panygiri).Les tavernes se remplissent, le vin coule en abondance. On danse au son de la lyre
crétoise.
En Crète, les baptêmes et les mariages donnent lieu à des festivités grandioses. Les mariages réunissent des centaines de convives, viandes et vin sont offerts en abondance. La fête semble
ne jamais se terminer, surtout pendant la saison estivale, lorsque mariages, baptêmes et panygiria
se succèdent à un rythme endiablé.
La sonorité de la lyre accompagne le vécu des crétois. Danses et
musique sont présentes a tous les moments importants de la vie.
La lyre crétoise apparait au 17ème siècle. Le son et sa forme
actuelle existent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Cet instrument est une sorte de vièle a trois cordes
dont les origines lointaines demeurent incertaines. Sa caisse est composée d'un
seul bloc, sans assemblage. Le choix du bois est important, il sera creusé
patiemment afin d'atteindre une épaisseur minimale et une sonorité de qualité
maximale.
La lyre crétoise se joue en tenant l'instrument en position
verticale, posée sur les genoux, elle fait
partie du rythme crétois. La Crète est une île qui danse.
Les danses traditionnelles crétoises s'apprennent dès l'enfance à l'école ou dans des cours privés. L'apprentissage du syrto, du pidichtos, du pendozolis et de ses fameuses figures acrobatiques, font partie de l'éducation des enfants. Le pendozalis est une danse typiquement crétoise. C'est une danse à cinq pas qui débute très lentement et qui s'accélère progressivement. Les danseurs à tour de rôle viennent en premier; mènent la danse en effectuant des sauts spectaculaires. Cette danse est réservée aux hommes, tout comme le Pidichtos aux figures et pas compliqués. La sousta est la seule danse qui se pratique en couple. Le Syrto se danse dans toute la Grèce, dans les îles, également en Macédoine et en Bulgarie.
Les madinadés sont des chansons courtes à contenu érotique. Les rizitikas sont des chansons lentes qui parlent de la vie, de son quotidien. Y sont traités les mariages, la mort, les événements importants de l'histoire. Durant l'occupation ottomane et lors de la deuxième guerre mondiale, elles étaient souvent codées; diffusant des messages de résistance. Elles sont encore chantées aujourd'hui dans toute la préfecture de Chania et dans les villages enfouis sur les versants des Montagnes Blanches.