Juin 1878, l'empire ottoman cède la gouvernance de Chypre à l'Angleterre qui va
gérer l'île en garantissant les libertés et la sécurité de tous
ses habitants.
Les forces turques viennent également d'être expulsées de la
Crète qui retrouve son indépendance mais qui continue à se battre pour son
rattachement à la Grèce.
En Crète, après bien des revendications ignorées, des luttes avortées, surviendra la
révolution décisive de Therissos en 1905; huit années plus tard: la Crète libre sera rattachée à la
Grèce.
Les Chypriotes grecs espèrent obtenir, eux aussi, le rattachement à Athènes, les
Chypriotes turcs la craignent.
Le 5 novembre 1914, la Turquie, de nouveau en guerre, se bat contre l'Angleterre et la France. La convention
anglo-turque de 1878 est unilatéralement rompue par l'Angleterre.
1920 : La Grèce déclare la guerre à la Turquie. La défaite militaire grecque conduira au traité de Lausanne
et à la perte de territoires. La population orthodoxe grecque sera chassée d'Asie Mineure, la population
turque de la Grèce. Un échange massif de populations aura lieu et les relations entre
les deux pays seront pour ainsi dire rompues.
Chypre en 1925 est rattachée a la Couronne d'Angleterre, elle est désormais une colonie britannique.
Les années 30 connaîtront la crise monétaire mondiale, la montée du fascisme, la guerre d'Espagne et ses milliers de victimes. Puis, comme s'il n'y avait pas eu assez de souffrances, surviendra la deuxième guerre mondiale.
1945, le nazisme est vaincu, la paix est rétablie mais pas partout. En Grèce a
débuté une atroce guerre civile qui oppose communistes et royalistes, elle se terminera trois années plus tard. Le pays est
exsangue et compte ses morts, plus de 150.000 selon certaines sources.
Les Américains ont désormais comme priorité de stabiliser la vie politique troublée des Balkans.
Ils vont tout d'abord encourager et appuyer l'adhésion de la Turquie et de la Grèce à l'O.T.A.N.
Elles deviendront toutes les deux membres en rejoignant l'Alliance le 18 février 1952.
Les forces de l'O.T.A.N. vont s'installer sur le continent grec.
Des bases militaires américaines s'y implantent à leur tour. Cette présence est ouvertement
contestées par le parti communiste grec encore très influent dans le pays.
A Chypre est né l'organisme chypriote combattant E.O.K.A, elle lutte contre l'occupant. Attentats et sabotages se succèdent. Les Anglais seront bientôt obligés de lâcher du leste. Le 29 août 1955 aura lieu la réunion tripartite de Londres qui réunit les représentants du Royaume-Uni, de la Grèce et de la Turquie. Elle se terminera sur un constat d'échec. A Chypre, les relations intercommunautaires se dégradent. Le 6 septembre, une bombe artisanale explose devant le consulat turc a Salonique. A Istanbul des églises orthodoxes sont attaquées, des cimetières sont profanés. En 1960, un triple protectorat voit le jour à Chypre. La Grande-Bretagne, la Turquie et la Grèce en sont les signataires. Ce triple protectorat se veut provisoire mais elle ne pourra empêcher les deux communautés de l'ile de s'affronter.
Ankara en représailles bombarde Nicosie. Les Nations Unis s'empresseront d'y installer une force spéciale du maintien de la Paix.
En Grèce, règne la dictature, le colonel Ionadis accède a la tête du régime.
Cet officier est prêt à défendre la cause chypriote, à se battre pour son Enosis (Union) avec la Grèce.
Le 15 juillet 1974, un Coup d’État est perpétré contre Monseigneur Makarios par la Garde nationale grecque.
Il échoue. La Turquie va réagir promptement en parachutant le 20 juillet des troupes dans le nord de l’île, pour ensuite
progresser jusqu'à la ligne de démarcation qui existe encore aujourd'hui.
Des milliers de familles grecques qui étaient installées dans le nord de l’île vont devoir quitter la zone
dorénavant contrôlée par l'armée turque et autoproclamée : "République turque de Chypre du Nord".
La situation n'a guère évolué depuis. Elle est un sujet de préoccupation pour la cause européenne et pour les membres de l'O.T.A.N. La candidature européenne de la Turquie est bloquée, elle est conditionnée à la reconnaissance de l'Etat indépendant de Chypre qui est membre de la communauté européenne depuis le premier janvier 2008. D'importantes divergences de vue empêchent encore aujourd'hui, en 2009,ce dossier épineux de progresser favorablement. En outre, les iles du Dodécanèse qui ne se trouvent qu'a quelques milles des cotes turques sont régulièrement survolées par des appareils militaires de ce grand pays,. Pour 'Athènes", ces violations continuelles de l'espace aérien sont des actes de provocation inacceptables. La Grèce entretient des relations difficiles avec Ankara. La Turquie est consideree comme un voisin peu coopérant qui ne respecte pas les frontières, qui viole à répétition l'espace aérien en survolant les iles grecques toutes proches et qui permet aux organisations maffieuses d'organiser une immigration clandestine vers la Grèce.
Les relations avec ce jeune pays ne sont pas au beau fixe car la Grèce refuse catégoriquement de le reconnaitre sous la dénomination de "Nouvelle République de Macédoine . Ce différend dure depuis des années, depuis que Skopje a déclaré son indépendance en 1991 et il empêche ce jeune pays "sans nom" de poursuivre son intégration européenne , de rejoindre les forces de l'OTAN. L'adhésion de cette jeune république aux Nations unis, s'est faite sous le nom de : F.Y.R.O.M. en 1993.
Le refus grec est de nature "historique". En effet, la Grèce estime que le nom "Macédoine fait partie de son passé, de son histoire, il fait référence aux règnes de Philippe II et de son fils Alexandre le Grand.
Ces sujets sont, pour la Grece, des références helléniques. En outre, la province de Macédoine existe sur le territoire grec et personne n'a oublié les prétentions territoriales de Tito qui rêvait de refaire la Grande Macédoine avec Salonique comme capitale pour acquérir un accès a la mer. La Serbie par la voix de Vuk Jeremić a dit récemment "comprendre" l’opinion de la Grèce sur la question du nom du pays dont la capitale est Skopje, tout en reconnaissant que le sujet était délicat.
Pourtant, comprendre ce désaccord existant entre le F.Y.R.O.M. ou ARYM [Ancienne République
Yougoslave de Macédoine) et l'Etat grec qui a déposé son véto, est peut-être difficilement
compréhensible pour un non-grec.
Il est vrai que les livres qui nous enseignent l'Histoire dès l'école primaire
différent souvent d'un pays à l'autre. Leur but étant d'enseigner et de cultiver le sentiment patriotique dès le plus jeune âge.
Il y a cinquante ans en Belgique, les enfants apprenaient que Jules César aurait dit
que: De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves.
La Belgique existait-elle à cette
époque ?
Toujours en Belgique : la province du Luxembourg jouxte le Grand Duché de
Luxembourg sans aucun problème mais nous ne sommes pas dans les Balkans, régions
instables politiquement et géographiquement, où religions et ethnies différentes
cohabitent mais s'acceptent difficilement.
Georges Papandreou, le nouveau Premier ministre de Grèce a rencontré il y a peu (Novembre 2009) son
homologue du F.Y.R.O.M, monsieur Gruevski et une fois de plus, les parties se sont quittés sans avoir
réaliser la moindre ouverture.
Nombreux sont les grecs frontaliers qui traversent la frontière pour faire leur
emplettes. Pour eux,
les conflits diplomatiques sur l'appellation du pays appartiennent
aux politiciens. En Macédoine, tout est beaucoup moins cher. Marchandises et services sont de
40 a 50% en-dessous des prix appliqués à Salonique ou ailleurs en Grèce. C'est cela qui leur importe !
Le différend exige une part de bonne volonté des deux parties concernées. Monsieur Papandréou, début 2010 a une fois encore insisté sur
le fait que son pays a l'intention de collaborer avec les dirigeants du FYROM, de les aider à adhérer à l'OTAN et à l'Union Européenne,
mais en insistant sur la position ferme de la Grèce qui concerne l'appellation future de cette nouvelle république.
Le FYROM, selon le gouvernement grec, doit choisir un nom qui montrera sans équivoque la différenciation géographique entre la province
de la Macédoine grecque et de celle de la FYROM, étant donné qu'il s'agit de deux peuples et de deux civilisations différentes.
Ce jeune pays de Macédoine est habité aujourd'hui par une importante
communauté albanaise et par une petite minorité turque.
Ces deux communautés de religion musulmane représentent 35% de la population de ce pays aujourd'hui
sans nom. Sa population orthodoxe est d'origine serbe et bulgare. Le
mélange de ses deux langues a donné naissance à la langue actuelle.
Depuis 1371 et durant cinq siècles le FYROM (Ou la Nouvelle République de
Macédoine) fut occupé par l'empire ottoman.
Une triple coalisation formée par la Grèce, la Serbie et la Bulgarie, lors de la
première guerre des Balkans (1912-1913) chassera les Turcs de la région.
Les coalisés ne parviendront pas a trouver un terrain d'entente sur le partage de la Macédoine et le Traité de Londres ne satisfera pas les parties concernées. La Bulgarie qui estime avoir payé le prix fort dans cet engagement militaire, s'est octroyée et occupe la plus vaste partie de la région. Elle se sait forte car elle possède la plus forte armée de la coalisation. Mais Serbes et Grecs vont en découdre avec elle, aidés par la Turquie et la Roumanie. Cette deuxième guerre des Balkans s'achèvera par la victoire des coalisés. La Grèce va agrandir son territoire sur le continent et la Crète y sera rattachée.